La rage au Québec

Cela fait depuis des centaines d’années que le virus de la rage, Lyssavirus rabies, est craint de la population en raison de la mortalité élevée de la maladie qu’il engendre.

Malheureusement, ce virus cause encore des ravages au Québec avec une recrudescence des cas de rage notamment en Estrie et en Montérégie au cours des dernières années. Normalement, ce rhabdovirus infecte surtout des mammifères autres que l’Homme.

Dans le contexte québécois, on peut penser aux chauves-souris, aux ratons laveurs, aux renards, aux moufettes et aux coyotes. L’humain est en fait un hôte accidentel du virus et la majorité des cas de transmission s’occasionne entre animaux sauvages. Toutefois, l’augmentation des cas de rage au sein de la faune sauvage signifie également une montée des cas d’infection impliquant des animaux de compagnies, et par le fait même, d’humains.

En effet, cette zoonose cause le décès de plus de 50 000 personnes chaque année à travers le monde.

Mécanisme du virus de la rage

Toute infection rabique commence par l’entrée en contact des fluides corporels de l’animal infecté contenant les particules virales avec les muqueuses du nouvel hôte. Cette interaction se fait souvent par le biais d’une morsure ayant brisé la barrière cutanée, mais n’y est pas limitée, le virus pouvant également être transmis par griffures, par présence de plaies préexistantes ou par aérosols.

Le virus présent dans la salive de l’animal rabique pénètre ainsi dans les tissus de sa nouvelle victime. Il séjourne quelques jours dans les cellules musculaires au site de la morsure avant de poursuivre son chemin dans les nerfs de l’animal. C’est ici que commence son ascension lente, mais certaine vers le cerveau.

En effet, le virus devient inaccessible au système immunitaire une fois réfugié dans les tissus nerveux et peut progresser sans interruption. La durée de son voyage peut s’étendre de quelques semaines à un an, avec une durée moyenne de 3 à 8 semaines selon l’espèce.

Chez les chiens, on compte généralement une période d’incubation de 21 à 80 jours, et chez les chats, 28 à 42 jours. Après avoir atteint sa cible, 2 à 3 jours sont nécessaires pour que le virus soit présent dans toutes les sécrétions corporelles de l’animal. C’est à ce stade que l’animal nouvellement hôte devient contagieux et symptomatique, ce qui, malheureusement, marque également le compte à rebours des 10 jours qui le mèneront vers sa mort. La maladie de la rage provoquée par ce virus neurotrope est une encéphalomyélite qui entraîne la mort une fois les symptômes apparus, le traitement étant quasiment impossible pour un patient symptomatique.  

Signes cliniques de la rage

Maintenant, comment déterminé si un animal est porteur du virus de la rage?

On peut observer plusieurs symptômes chez les individus infectés, toutefois il faut garder en tête que le diagnostic de cette maladie est très compliqué, puisque les signes cliniques sont souvent difficilement reconnaissables.

Voici ce à quoi l’on s’attend typiquement :

Dans les 2 à 3 premiers jours après le début des symptômes, on observe un changement de comportement et une modification de la voix causée par les spasmes du larynx.

Dans les 1 à 7 jours suivants, l’animal ne démontre plus de peur et souffre d’hallucinations. C’est ce que plusieurs nomment la phase de « rage extrême », mais beaucoup d’individus ne passent pas par cette phase.

Dans les 2 à 4 jours suivants, on observe une faiblesse et une paralysie, notamment au niveau du larynx, ce qui empêche l’animal d’avaler et provoque une salivation excessive et une écume à la bouche.

Par la suite, l’animal meurt lorsque les muscles respiratoires sont finalement complètement paralysés. C’est à ce stade que la plupart des morsures ont lieu.

En cas de morsure

Dans le cas où vous ou votre animal seriez mordu par un individu dont on ne connaît pas le statut rabique, vous devez laver la morsure à l’eau et au savon. Ce geste permet d’éliminer certaines particules virales de la plaie. La durée de la période d’incubation du virus, donc le temps lui étant nécessaire pour atteindre le cerveau, dépend fortement de la quantité de particules virales et de la proximité de la plaie avec la tête. Il est donc important de ne pas négliger cette action!

De plus, toutes morsures d’animaux doivent être signalées aux autorités sanitaires locales. Dès que possible, contacter également votre vétérinaire pour demander conseil et prendre rendez-vous. Selon le protocole, le vétérinaire recommandera généralement un vaccin antirabique le plus tôt possible après la morsure ainsi que des rappels vaccinaux à 3 et à 8 semaines suivant la morsure, et ce, peu importe que le statut de vaccination de votre animal soit à jour ou non! L’animal doit également être strictement isolé pendant 90 jours afin d’éliminer tout risque de propagation s’il s’avère infecté. L’idée derrière ce protocole repose sur le fait que lorsque le virus est prêt à infecter le cerveau, une réponse immunitaire importante est déjà en place, les particules virales sont alors neutralisées et les signes cliniques n’apparaissent pas.

Actions préventives et conseils de sécurité

Une façon efficace de prévenir l’infection par le virus de la rage pour vous et votre animal est faire preuve de prudence! Assurez-vous que vos animaux de compagnie, chiens et chats, sont adéquatement vaccinés. Certains vaccins rabiques sont valides 1 an alors que d’autres le sont pendant 3 ans. Vérifiez le statut vaccinal de vos animaux! Le vaccin contre la rage devrait faire partie des vaccins de base pour tout animal!

Si vous rencontrez un animal sauvage lors d’une excursion à l’extérieur, gardez vos distances et n’essayez pas de le nourrir, de le toucher, de le capturer ou de le déplacer. Gardez votre chien en laisse et vos chats à l’intérieur ou sous surveillance.  

Si vous observez un animal tel qu’un raton laveur, une moufette ou un renard qui semble agressif, désorienté ou paralysé, ne le déplacez pas, car cela contribue à propager la maladie, et signalez-le immédiatement au gouvernement au 1 877 346-6763 ou via le formulaire en ligne de Quebec.ca.